2. HARDOUYN

Plusieurs membres de la famille Hardouyn furent imprimeurs et libraires à Paris à la fin du XVe et au XVIe siècles. Nous reproduisons ci-dessous, les notices figurant dans l’ouvrage suivant aux pages 197 à 199 :

RENOUARD, Philippe : Répertoire des imprimeurs parisiens, libraires, fondeurs de caractères et correcteurs d’imprimerie depuis l’introduction de l’Imprimerie à Paris (1470) jusqu’à la fin du XVIe siècle. Avertissement, table des enseignes et adresses, liste chronologiques par Jeanne Veyrin-Forber et Brigitte Moreau.

HARDOUYN (Gilles ou Gillet), fils de Guillaume, né en 1455, libr. - juré et imprimeur, 1491-1521 ; résigne ses fonctions de libre – juré le 9 sept 1519.

Il publie exclusivement des livres d’heures.

Avant la chute du Pont-Notre-Dame (25 oct. 1499), il habite la 8e maison du pont.

On le trouve ensuite : - «  Au bout du pont au Change, a lenseigne de la Rose, au dessous de la belle Ymaige ; - Sur le pont au Change aupres de la belle Ymaige nostre Dame a lenseigne de la Rose » ; il n’était alors que libr. Et presque toutes les Heures qui portent cette adresse ont le nom d’un autre imprimeur que lui.

En 1509, il devient imprimeur et s’établit : -« Au bout du pont nostre Dame devant sainct Denis de la Chartre a lenseigne de la Rose dor ; - In confinio pontis Nostræ Dominæ, ante ecclesiam sancti Dionisii de carcere, ad intersignum Rosæ deauratæ ; » plusieurs livres d’heures portant cette adresse et son nom comme impr. Avec un almanach débutant plus tôt, ne sont pas antérieurs à 1509. Il conserve cette adresse jusqu’à la fin de son exercice et est fréquemment associé avec son frère Germain.

Il avait acheté en 1494 la maison du Chaperon, rue des Escouffles, ayant précédemment appartenu à Jean Hardouyn, charpentier, et la vendit le 5 août 1496. Le 6 octobre 1517 il était devenu locataire de la 25e maison du pont Notre Dame reconstruit et poursuivait encore en 1521 le précédent locataire qui refusait de céder la place.

Il eut deux femmes, la première portant le prénom de Jacqueline, la seconde Isabeau Moussart.

Documents : Arch. Nat., ZIH 24, f° 364 ; L. DOREZ, Notes …n° 11 ; P. LACOMBE, Livres d’heures, passim. Nous admettons ici avec Léon Dorez, que le libr.-juré qui résigne son office en 1519 et qui est appelé Gilbert est bien le même que Gillet ; toutefois il est qualifié facteur, ce qui semble s’appliquer difficilement à un imprimeur ayant autant produit que lui. – Les ancêtres des Hardouyn avaient de tout temps habité et « exposé leurs jours »  sur le pont Notre Dame.

HARDOUYN (Jean Ier), impr., 1499, 1500.

Associé de Pierre Levet et de Raoul Cousturier, il donne la même adresse qu’eux : - « Suburbiis sancti Germani de pratis », faubourg St-Germain des Prés.

Claudin, Hist. De l’impr., I, 450 ; II, 168, 169, 540.

HARDOUYN (Germain), frère de Gilles, libr-juré, impr et enlumineur, 1500-1541.

« Devant le Palais à l’imaige de saincte Marguerite entre les deux portes (ou : -empres[1] la grand porte) du Palais ; - Inter duas portas Palatii (ou : ante Palatium regis) ad intersignium divæ Margaretæ. »

Il ne publie que des livres d’heures, souvent partagés avec son frère Gilles, et n’est d’abord que libr. ; après la mort de Gilles il devient momentanément imprimeur et quelques Heures de l’année 1522 portent son nom comme impr. avec l’adresse de Gilles, mais dès 1523 on le retrouve à l’image Ste-Marguerite.

De 1523 à 1525 ses Heures sont imprimées par Pierre Vidoue ; il devient définitivement impr. en 1526.

Sa veuve, Catherine de Paris, lui succède à la même adresse de 1541 à 1543.

Gilles et Germain Hardouyn ont employé les mêmes marques, au nombre de six, dont Sylvestre reproduit quatre (54 à 57) et Claudin une (II, p. 349) ; leur première marque a servi aussi à Guillaume Eustace, dont le nom a été évidé ou remplacé par le leur lorsque les Hardouyn l’ont employée.

Arch. Nat., XIA 1543, f° 427 v°

HARDOUYN (Guillaume), frère de Gilles et de Germain, est nommé libr.-juré le 9 sept 1519, sur la résignation de Gilles, et remplacé après sa mort, le 26 oct. 1538, par Guillaume Merlin.

La Caille cite un livre d’heures à son nom, imprimé par Guill. Abnabat, mais il a pu faire confusion avec Germain, qu’il ne cite pas.

L. Dorez, Notes … ; Actes concernans le pouvoir de l’Université (1649).

HARDOUYN (Jean II), libr.-impr., enlumineur et doreur

1541-1565, meurt avant le 16 juil. 1566.

Probablement fils de Germain dont il donne l’adresse en 1546 et 1547 : - « Entre les deux portes du Palais, à l’enseigne Saincte Marguerite. »

Il a deux femmes, Jeanne de Rouen et Anne Le Merlier ; la première lui donne trois fils, Germain, doreur sur cuir, Guillaume et Michel ; les enfants de sa seconde femme, mineurs en 1566, ne sont pas dénommés.

Documents : Arch. Nat., XIA 1550, f° 281 ; ¨Pichon et Vicaire, p. 218.

HARDOUYN (Thomas), libr. Et enlumineur, 1549.

Coyecque, t. II.


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[1] Auprès de