La liturgie des heures

À l’époque évangélique, la pratique de la prière au moyen des psaumes, à trois moments de la journée, comme elle se pratique au temple de Jérusalem, est pérennisée par la nouvelle église. Au IVe siècle, les premières communautés cénobitiques, s’inspirant de la prescription de saint Paul aux Thessaloniciens : « Priez sans cesse. » (1 Thes. V, 17) portent le nombre des moments de prières journaliers à sept, chiffre à caractère sacré, car représentant la conjonction du chiffre « Trois », la Sainte Trinité, et le chiffre « Quatre », les quatre éléments composant le monde matériel, selon la science de l’époque : l’air, l’eau, la terre et le feu. À ces temps de prières est donné le nom des heures de la journée romaine : Prime, Tierce, Sexte, None auxquels s’ajoutent Laudes, Vêpres et Complies. Au VIe siècle, saint Benoît, dans sa règle, en ajoute une huitième, au milieu de la nuit, les Vigiles.

Selon le moment de la journée, chaque temps de prières prend une orientation bien spécifique, soit d’adoration et de louange, soit de prière et de contrition. Si la récitation des psaumes en est toujours la base, s’y ajoute, dès les temps les plus anciens, des hymnes, des cantiques, des oraisons et des lectures de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Ces divers éléments sont reliés entre eux par de courtes séquences, antiennes, versets et répons. L’organisation de ces divers éléments diffère selon les lieux où ils ont pris naissance, c’est ce que l’on appelle l’usage d’un diocèse ou d’un ordre religieux. L’usage de Rome est celui qui s’impose progressivement à toute la chrétienté, tout en maintenant des spécificités locales, comme les dévotions à des saints locaux. La messe fait suite à l’une des prières du matin, soit à Prime, soit à Tierce, généralement la messe conventuelle. Cette discipline de prières n’est pas réservée aux communautés régulières, elle devient également le service dit « cathédral », mais une plus grande souplesse dans les horaires est laissée à l’initiative des séculiers en fonction des contraintes locales. C’est de là que l’habitude de la lecture quotidienne du bréviaire s’impose à tous les prêtres. À notre époque, l’Église invite toujours les fidèles à la pratique de la liturgie des heures ; les librairies spécialisées continuent de commercialiser des livres d’heures conçus selon le dernier ordo, celui de 1962. Des sites Internet permettent également de suivre cette pratique[1].

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[1] www.http://services.liturgiecatholique.fr/heures.php